22.11.2009

Le gardeur de troupeaux

Le 8 mars 1914, Fernando Pessoa s'appelle Alberto Caeiro. Il s'invente autre, lui qui pense être rien. Pour la première fois d'une longue série, il se glisse dans une pure création poétique, il devient autre pour être moins seul.

Penser dérange comme marcher sous la pluie

quand le vent croît et qu'il semble pleuvoir davantage.

Je n'ai ni ambitions ni désirs.

Etre poète, pour moi, n'est pas une ambition,

c'est ma manière d'être seul.

21.11.2009

La matière du poète

Antoine Emaz est un poète en vie. C'est à dire qu'il pense et écrit maintenant, il n'est sur aucun piédestal édifié par le temps, il n'a pas de légende, il n'a pas de visage, il est tout entier et seulement dans ses mots. Des mots rares qui forment une langue limpide qu'on lira en murmurant, qu'on relira en le remerciant d'être vivant.

On pose les mots sur la table comme de petites masses de terre molle : ils sont là tièdes, il n'y a bientôt plus qu'eux dans les yeux. (...) A certains moments, on voudrait rester là, border les mots, tirer un rideau lourd juste derrière les choses, au ras. Que plus personne ne touche à rien. Et fermer l'oeil.

 

19.11.2009

Chronique sportive

Amusons-nous un instant et transformons Henri Michaux en chroniqueur sportif d'une incertaine victoire française :

Ce fut une épopée de géants. Nous la vécûmes en fourmis. Nous triomphâmes ainsi. Succés par la porte basse.

18.11.2009

Les temps ne changents pas

Si Henri Michaux a écrit ce qui suit au mitan du siècle dernier et qu'il n'est pas question de comparer deux temps aussi différents que le sien et notre présent, il n'en demeure pas moins que la lecture des journaux et l'observation de certains de nos contemporains rendent furieusement nécessaires l'observation suivante :

 

A chaque siècle sa messe. Celui-ci, qu'attend-il pour instituer une grandiose cérémonie du dégoût ?


17.11.2009

Une leçon

Les lignes s'alignent, les pages s'empilent, tout semble en ordre de marche. Soupirs d'aise. Toutefois, ne pas oublier Edmond Jabès :

Se relire : se retrouver seul, dans la salle décorée, au lendemain de la fête.